Life as a river

I was going to start this blog post with some poetic musing about life being a winding road and how we don’t always end up where we thought we would. But even winding roads lead somewhere: a ditch, a dead-end, another road, a pretty little cabin in the woods. Life is a series of decisions which have ramifications, consequences, and more decision points. Days grow into weeks, weeks into months, months into years and suddenly you are 43 wondering where the heck it is you’re going. Sorry, am I talking to myself again?

My husband and I have changing our minds and correcting course down to an art form. Blessed are the flexible for they shall not break. In our 20 years of marriage, we’ve owned more cars than we can remember, we moved 10 times within the Ottawa area, bought big houses, sold big houses, bought little houses, sold little houses, rented houses, gutted main floors, finished basements and built from scratch. I have been a student-mom, a stay-at-home mom, a homeschooler, a failed homeschooler, a graduate-student mom, a full-time working mom, a part-time working mom. My husband has worked full-time, part-time, homeschooled when I could not, supported my pipe dreams and ambitions. He has started companies, joined companies, left companies, owned companies, sold companies. In the middle of all this, we had 9 children and lost two to miscarriage. We have lifestyle ADHD I think.

While I envy people who relentlessly pursue one thing, I am pleased by our ability to roll with the punches. We relentlessly pursue the stability of our family, no matter the personal cost. We may not have taken our respective careers in measurably successful paths — unless paying bills counts, which it should — but we know why. When my daughter asked me why I had not pursued a musical, legal or political career, despite my affinities for all three, I told her that I chose my family at every fork in the road. These are not career paths with stable incomes, regular hours and holidays. Each involves a good amount of damning the torpedoes. Maybe life’s road is not so winding after all, it’s more like a river, digging its bed by force of repeated decisions. We follow a road to where it leads us but the river digs its own bed, just like we make our lives to our image.

Last week, my husband and I met with the principal of the nearest French elementary school. See, we’re sending the children back to school after Christmas. With our two teenage daughters starting high school last September, this marks the end of our homeschooling journey. You can learn more about our discernment process by listening to my first podcast on discerning homeschooling.

Un-mixing the mixed feeling is a new journey of discovery and reinvention. In my life, I have accomplished things that required effort, things that required self-discipline, things that required commitment, physically demanding things, emotionally demanding things, everything demanding things. I’ve poured myself out and filled myself up all over again. I’ve stumbled, fell, dusted myself up and picked myself up. I never thought I was cut out for homeschooling but I thought I could channel all my brainpower and energy into this one thing and give it some forward momentum. The kind of energy and brain power I used to power a Master’s degree in Law with a breastfeeding infant, my fifth child, in Montreal, while we lived in Ottawa.

In 2016, I taught myself to knit, play the guitar and the piano, use Adobe InDesign and a few other things. But like my Master’s degree, those are things I can control, only limited by the capacity of my brain and the speed of my fingers. I felt called to homeschool and I thought that I could develop that skill just like music or design. As it turns out, I couldn’t. As it turns out, loving your children is not always enough. As it turns out, things are not as simple as they seem. Homeschooling involves other humans and you can’t switch them on and off.

I have wracked my brain wondering why God would call me to something I was so woefully unable to provide. Why give me talents that are of no use to a mother of many, that stay bottled-up inside, stuck in my throat? Why give me a writing talent I don’t have time to use? Why give me a musical talent I can’t develop? Why give me 9 children and talents that involve quiet introspection? Why wasn’t I equipped with what I needed to answer this call? I don’t know. Either God made a mistake (unlikely) or I’m not humble enough to see the wisdom in the plan (very likely). Or maybe the call was to greater humility, masquerading as a call to homeschool. Maybe homeschooling was the light post I was supposed to walk into.

So my life flows on like a river, part water, part banks, unsure if I am the constraints or the current. At times spectator and actor, it lives me as much as I live it.

L’école à la maison en français en Ontario: à quoi ça ressemble?

Il y a longtemps que je vous ai promis une publication sur l’enseignement à domicile en français. Je dois avouer que cette publication s’est fait attendre parce que nous nous ajustons encore au rythme de l’éducation à domicile. Les bonnes intentions de septembre se sont métamorphosées en réalité de janvier. Mise en face des limites bien réelles de la vie dans une famille nombreuse avec deux enfants de 3 ans et un bébé, j’ai du rabattre les voiles de mes ambitions académiques pour faire face à la tornade de ma vie quotidienne.

Commençons donc au commencement. Quel était le plan original? Lorsque j’ai décidé de faire l’école à la maison, mes enfants souffraient d’un genre “d’écoeurantite” aigue du français. À chaque Noël et pour leurs anniversaires, ma famille et moi nous efforcions de leurs trouver des romans à la mesure de leurs intérêts et de leur intelligence mais en vain. Seulement notre ado du milieu les lisait. Les autres s’en tenaient à leur position de départ, en quelques mots: “les livres en français, ça suce.” N’a aidé en rien le face-à-face violent entre mon fils ainé et la politique du français en vigueur à son école secondaire: les élèves n’avaient le droit de lire en anglais qu’en classe d’anglais. Pris en flagrant délit de lecture en anglais à plus d’une reprise il a été averti, averti encore, envoyé chez la directrice, ses parents ont été consultés et finalement mis en retenue. Sérieusement. Le français, c’était la langue de l’école, la langue du travail et la langue des enseignants un peu craqués qui mettent un garçon de 16 ans en retenue parce qu’il lit “Shake Hands with the Devil” dans sa langue d’origine. Enfin, ça ne donnait pas des rapports cordiaux entre mes enfants et leur langue maternelle. J’avais l’intention de réparer tout ça. Puisque mes enfants sont des lecteurs avides, je pensais enseigner le français d’une manière organique et plaisante à partir d’ouvrages de qualité intemporelle, ce que la pédagogue Charlotte Mason appelle les “living books”. Et c’est avec ma grammaire d’une main et mes livres vivants de l’autre que je m’apprêtais à redonner à mes enfants le goût du français.

Je n’ai pas réalisé que cette approche demanderait beaucoup de préparation pour maman et un minimum de bonne volonté de la part des enfants. Nous n’avions ni le temps pour l’un, ni le germe de l’autre et mes meilleures intentions se sont retrouvées le nez à l’eau. J’ai donc réajusté le tir et commandé des bons vieux exercices de français.

Voici maintenant la partie difficile, celle où j’admets mes erreurs et vous recommande de ne pas faire les mêmes. Puisque la grande majorité de mes lecteurs francophones se trouvent en France, je me permets de commencer par une mise en contexte. Les francophones en Ontario sont en situation minoritaire. Le français est une langue officielle au Canada (avec l’anglais) et nous avons accès à de nombreuses ressources en français, même à l’extérieur du Québec. Mes enfants sont allés à l’école en français pour toute leur scolarité et ma fille ainée étudie à l’université en français. Malgré toutes ces ressources, nous devons quand même tenir les rênes du français bien en main pour le transmettre à nos enfants. Hors de l’école, la vie se vit en anglais.

Avant le déménagement nous habitions dans une région traditionnellement francophone et j’ai un peu — regard piteux — pris le français de mes enfants pour acquis. S’ils me parlaient en anglais, je répondais en anglais. Je les laissais jouer ensemble en anglais. J’écoutais surtout la radio en anglais dans l’auto et à la maison. Bref, lorsque nous avons retiré les enfants de l’école, leur exposition au français a chuté dramatiquement. Et soudainement, je me suis retrouvée à ramer à contre-courant. Je me suis soudainement imaginée avec des petits-enfants qui ne parlaient pas un mot de français et pour qui j’étais la mamie un peu bizarre qui leur parlait une langue qu’ils ne comprenaient pas. C’est aussi facile que ça l’assimilation. C’est un phénomène qui se produit par négligence plutôt que par application.

J’ai donc du retourner au B-A-BA de la vie en situation linguistique minoritaire et reprendre le contrôle du français à la maison. En commençant par l’école à la maison. J’enseigne toujours le français et l’anglais langue maternelle, c’est-à-dire que les deux langues sont apprises en tant que langue première. Mais le français, qui était souvent négligé par manque de temps de préparation a repris une place de premier ordre lorsque j’ai abdiqué et commandé du matériel éducatif “tout fait”.

Pour les petits (qui sont en 1ière et 3ième année, ou pour mes lecteurs français, CP et CE2) j’utilise les magnifiques ressources de la librairie des écoles. La librairie des écoles publie la méthode de mathématiques de Singapour, qui est non seulement réputée pour ses excellents résultats mais rencontre les attentes du ministère de l’éducation de l’Ontario. Et même un peu plus: mon fils de 9 ans a du commencer avec le manuel de CE1. Nous utilisons ces ressources pour le français (lecture, écriture, grammaire) et les mathématiques. Ils ont aussi un manuel d’éducation civile et morale qui me tente bien. Malheureusement, la librairie des écoles ne publie que pour le cycle primaire. J’aurais bien aimé en avoir pour les grandes aussi. J’ai également fait imprimer en couleur le manuel ancien Mico le petit ours que nous utilisons ensemble pour faire changement. La méthode syllabique très simple convient parfaitement à ma fille qui a un peu de mal en lecture.  Nous apprenons aussi des poésies que nous trouvons dans le Larousse de la poésie pour enfants.

Je supplémente les mathématiques avec Khan Academy (en français!) pour la pratique. Les enfants aiment bien pouvoir travailler sur l’ordinateur, ça change le mal de place.

Pour les sciences, j’ai commencé en septembre par une approche classique (genre “cours classique”) avec beaucoup de lecture et d’apprentissage par cœur (classifications, branches, genus…) mais cette approche ne seyait pas du tout à mes enfants actifs. J’ai donc demandé à David de choisir trois espèces animales qui vivent près de chez nous: un oiseau, un mammifère et un insecte. Il a choisi l’ours noir, le faucon et la coccinelle. Nous allons faire une étude approfondie de chaque espèce avec beaucoup de bricolage et d’exploration de notre forêt pour apprendre l’habitat. J’ai trouvé un curriculum complet sur l’ours noir avec feuilles d’activité sur le site de Ministère des ressources naturelles de l’Ontario sur lequel je me base.

Nous apprenons aussi le corps humain avec un livre des éditions Usborne (en français!). Nous avons beaucoup de plaisir à impressionner papa par nos connaissances des os et des systèmes du corps humain.

Pour les grandes (en 8e et 9ème — 5ème et 4ème pour mes amis français, secondaire 2 et 3 pour les québécois) j’utilise un mélange de livres (elles doivent lire en français à tous les jours), de dictée (eh oui, la bonne vieille dictée) et de grammaire Bled. Elles peuvent choisir leurs lectures. Elles doivent également lire et transcrire des œuvres de poésie. Je les prépare lentement à faire de l’analyse de poésie. Côté composition, elles ont des lacunes assez majeures et je crois qu’elles ont besoin de lire sans obligation (à part de le faire!) avant que je puisse les pousser plus loin. Nous sommes en mode “récupération”. Les mathématiques et les sciences se font en anglais. Si elles devaient réintégrer le système scolaire (ce que ma plus vieille espère) elles devront aller à l’école anglaise. Je préfère donc qu’elles y soient préparées. À partir de la 9ieme, elles prennent leurs cours de math et de science en ligne via “Virtual Learning Centre”. Elles reçoivent leurs crédits secondaire de l’Ontario et recevront donc un bulletin qu’elles pourront utiliser lorsque viendra l’heure d’appliquer pour leurs études postsecondaires. Côté pratique, c’est une chose de moins dont j’ai besoin de m’inquiéter.

Et voilà, un sommaire bien rapide de nos études en français à la maison. Je trouve la plupart de mes ressources éducatives sur Amazon.fr et plus rarement, Amazon.ca et la Librairie du centre à Ottawa. Je suis aussi accro du très beau site français Les petits homeschoolers où je trouve toute sorte d’idées intéressantes et d’activités à faire avec les enfants.