Collation au volant


En septembre dernier, j’ai revu une maman que je connaissais depuis longtemps à travers l’école des enfants. Maman à la maison pour quelques années, elle avait pris congé du marché du travail pour avoir ses enfants. Son mari poursuivait une carrière accaparante et il semblait raisonnable qu’elle reste à la maison afin de s’occuper de la caverne pendant que papa allait à la chasse au mammouth.

Quand les aléas de la vie ont vu papa se retrouver sans emploi, maman est retourné travailler à contrecœur: bien qu’elle ait été plus “employable” que son époux, je ne crois pas que papa était un père à la maison dans l’âme. Il s’en suit donc que maman dû maintenir la caverne et s’occuper de la chasse au mammouth pendant que papa s’occupait vigoureusement à éplucher les petites annonces d’emplois dans The Economist — et peut-être se rattraper dans sa lecture, hum, qui sait?

Quand j’ai revu maman, elle avait doublé de taille. La sédentarité du travail de bureau n’a rien de comparable avec la vie quotidienne avec quelques enfants. Et le stress y était peut-être pour quelque chose? Je me préparais moi-même à retourner au travail à la fin de mon congé de maternité et j’ai pris note.

Mais que s’est-il passé? J’ai perdu la note. il est devenu difficile de courir régulièrement. Puis il y a le bol sans fond de M&M que mon patron garde bien rempli “pour les visiteurs”. Et tout d’un coup comme ça, juste avant les vacances de Noël, je n’arrivais plus à attacher mes pantalons. Pas drôle!

J’ai essayé de me mettre au régime mais mon corps qui allaite s’est rebellé. Trois semaines de régime n’ont pas réussi à faire bouger la balance. J’ai coupé le Nutella et la crème glacée complètement. Je n’ai jamais aussi bien — et aussi peu! — mangé de ma vie et pourtant la balance refuse de bouger. Cette semaine, elle a même augmenté de 3 livres. 3 livres… Pas grand choses mais démoralisant quand même.

Faute de comprendre ce qui ne marche pas et d’accepter que la quarantaine qui approche, la grossesse multiple et les 6 grossesses qui l’ont précédé, ont changé mon corps pour toujours, je tente de mettre moins d’emphase sur la balance et son allié le miroir qui me renvoient l’image d’une personne que je ne reconnais pas. Je me concentre sur la course, le prochain demi-marathon, le plaisir que j’ai à aller courir, et une alimentation saine.

Lorsque je déjeune à 5:30, j’ai besoin de refaire le plein avant midi. J’ai commencé à apporter un smoothie pour le trajet au bureau, histoire de ne pas tomber dans le bol de friandises en arrivant.

Le super smoothie simple et délicieux, végétarien, sans gluten et avec un petit boost de protéines en prime:

– une banane fraîche
– 3/4 de tasse de petits fruits congelés
– une bonne cuiller à soupe de beurre d’amandes
– environ une tasse (ou plus selon la consistance) de lait d’amande. Si vous avez le bec sucré, vous pourriez utiliser la version sucrée à la vanille. J’utilise du lait d’amandes normal sans rien.

Et voilà!

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Le cadeau de la santé


Journée de maladie

For my English readers: this is a blog post on the gift of health. If you have it, work to keep it!

Cet hiver a été la saison de tous les virus. Ma famille, généralement pétante de santé, a été malade, malade, puis encore plus malade. Les jumeaux combattent un virus respiratoire depuis la veille de Noël — un virus qui est en fait une succession de virus. J’ai eu une amygdalite, suivie d’une gastro, suivie d’une amygdalite. Les enfants ont attrapé, tour à tour, une variation de gastro, d’amygdalite et de virus respiratoire. Bref, c’est une véritable symphonie de maladie, fréquente chez certaines familles entre octobre et avril mais tout à fait inhabituelle chez nous (en fait, en allant chercher des antibiotiques à la pharmacie j’ai réalisé que certains de mes enfants étaient encore enregistrés sous leur ancienne ancienne adresse!)

Puisque j’ai un intérêt particulier pour toutes les questions alimentaires et nutritionnelles, il m’arrive souvent de réfléchir aux maladies qui nous affligent en nombre grandissant: obésité, diabète, dépression; ainsi qu’aux “nouvelles” maladies (qui ne sont peut-être pas si nouvelles) telles que la fatigue chronique, la douleur chronique, l’absence de résilience. J’ai un hobby d’espionnage des paniers d’épicerie et je me pose beaucoup de questions lorsque je vois une dame obèse avec son enfant obèse pousser un panier rempli de 18 caisses de Coca-Cola en solde. Est-ce qu’elle sait? Est-ce qu’elle s’en fiche? Ou est-ce qu’elle le sait, ne s’en fiche pas mais ne sait pas quoi faire d’autre?

Il n’en demeure pas moins que malgré mon intérêt pour les questions de santé, je n’ai jamais vécu la maladie. Hier soir, j’étais couchée après avoir pris une poignée d’Advil (avoir su que je dormirais aussi peu avec les jumeaux j’aurais acheté des parts chez Advil), pleine de courbatures à cause la fièvre, complètement épuisée de n’avoir presque pas dormi pour presque 5 mois, complètement vidée de n’avoir rien mangé depuis deux jours, et je me demandais “Est-ce que c’est ce que vivent les gens atteint de douleur chronique? Tous les jours? Sans arrêt?”. Puis ce matin mon fils essayais de prendre une photo de Ève avec une caméra digitale et j’essayais de dire à Ève: “Regarde la petite lumière rouge!” sauf que je n’arrivais pas à trouver le nom de la couleur. Rouge! Je rassemble mes pensées, et je dis:

“Ève, regarde la petite lumière….”

la couleur ne me vient toujours pas.

“…la petite lumière… jaune!”

Mon fils éclate de rire et moi je ris un peu jaune.

“Ève, regarde la petite lumière… Jaune!!”

Là je commence à ne pas trouver ça drôle. Je me concentre. “Ève, regarde la petite lumière…” je vois le mot “rouge” dans ma tête.

“Regarde la petite lumière… verte!”

Non mais c’est pas possible! Puis je me suis demandé: “Est-ce que c’est ce que vivent les gens atteints de fatigue chronique?” Avoir le cerveau en fouillis, incapable de se concentrer, probablement incapable de travailler.

Pour moi, cet hiver de tous les virus viendra à sa fin. Pour tant d’autres, le cadeau de la santé leur échappe et leur échappera peut-être pour toujours. Si vous avez la santé, si vos enfants sont en santé, donnez-vous une bonne tape dans le dos et ne la laissez pas s’échapper. Vous avez peut-être des bons gènes ou elle est venue à un prix. Mais le prix à payer ne sera jamais aussi élevé que le coût de la perdre. Santé!