Réflexion sur l’école à la maison


J’ai eu une discussion avec ma très chère mère cette semaine au sujet de l’école à la maison. Puisque l’écriture me permet de procéder l’information et d’organiser mes pensées, j’ai décidé de m’assoir et de jeter sur papier quelques idées qui m’ont été inspirées par cette discussion. J’espère que ma très chère mère ne m’en tiendra pas rancœur. Je dois préciser avant de commencer que les critiques de l’école à la maison dont je fais part dans cette publication ne viennent pas toutes de ma très chère mère. La plupart des critiques et inquiétudes face à l’éducation à domicile s’emboîtent. Il est donc difficile de commencer à un bout sans se rendre à l’autre. En d’autres mots, n’allez pas vous « pogner » avec ma mère si vous n’êtes pas d’accord, compris?

Ma discussion avec ma mère touchait à l’aspect social de l’éducation à domicile mais dans le sens large du terme. Généralement, les gens qui sont intrigués par l’éducation à domicile se demandent si les enfants vont voir assez de monde, se faire des amis, apprendre à fonctionner en société. C’est une inquiétude un peu superficielle qui trahi une absence d’imagination. Les sorties que les enfants éduqués à domicile font au jour-le-jour les préparent beaucoup mieux à la vie en société que l’environnement contrôlé de l’école. Les enfants font l’épicerie, vont à la banque, rencontrent des amis, aident aux tâches domestiques et font des activités d’enrichissement. Leur vie quotidienne est une réflexion beaucoup plus fidèle de la vie qu’ils mèneront plus tard. La question de la socialisation ne devrait pas être « Est-ce que les enfants éduqués à domicile sont suffisamment socialisés? » mais plutôt « Est-ce que l’école fourni une forme de socialisation exclusive, nécessaire à la maturation et à l’individualisation des enfants et adolescents? » En d’autres mots, hors de l’école point de croissance? Ou plutôt, est-ce que la croissance qui s’effectue en l’absence de scolarité formelle pousse croche, dysfonctionnelle, ou limitée? Voici ce sur quoi portaient les inquiétudes de ma très chère mère.

Sortie éducative
Sortie éducative

Les inquiétudes de ma mère portaient également sur notre déménagement prochain à la campagne, c’est-à-dire à environ 50 minutes d’auto du centre-ville d’Ottawa et 1h de la banlieue est d’Ottawa ou nous habitons présentement et où nos enfants sont enracinés depuis la naissance. Ma mère s’inquiète particulièrement pour mes jeunes adolescentes qui devront se faire de nouveaux amis. Le déménagement à la campagne, doublé par l’école à la maison, isolerait mes enfants, les rendant complètement dépendants de nous (les parents qui ont un permis de conduire) pour sortir de la maison. L’école à la maison nous rend les arbitres de l’éducation et la campagne nous rend les arbitres de la socialisation, limitant ainsi nos enfants à nos idées, nos priorités et les gens que nous voulons qu’ils voient et rencontrent. Ma mère croit que notre décision est née d’un désir de contrôle malsain qui aura pour effet de restreindre l’individualisation de nos enfants ainsi que leur ouverture sur le monde.

Ma très chère sœur, qui est plus discrète que sa mère quand il en vient à critiquer mes choix de vie, me regarde comme si j’avais deux têtes et s’inquiète de mon habileté à enseigner les matières que je ne maîtrise pas moi-même. De plus, elle se questionne sur les styles d’apprentissage et les styles d’enseignement : si le style d’enseignement du parent ne correspond pas au style d’apprentissage de l’élève, l’élève n’a pas la chance de changer de professeur à la fin de l’année. IMG_2188

Ce n’est pas très prometteur, n’est-ce pas? J’ai parfois envie de leur répondre : « Tant que les filles apprennent à repriser les chaussettes et faire la cuisine, elles n’ont pas besoin d’apprendre autre chose pour exceller dans leur vocation d’épouse. » Mais j’ai peur qu’elles me prennent au sérieux.

Je prends ces inquiétudes au sérieux mais je crois qu’elles sont basées sur une vision un peu nostalgique de l’école combinée à un manque de recherche sur l’éducation à domicile. L’environnement scolaire dans lequel grandissent mes enfants est incroyablement homogène. Il y a l’homogénéité socioéconomique d’une école de quartier située dans une banlieue aisée d’une ville considérée à l’épreuve de la crise économique. Mais aussi l’homogénéité politique et idéologique. Il est faux et mal informé de croire que les parents qui gardent leurs enfants à la maison prennent une décision idéologique contrairement aux parents qui décident d’envoyer leurs enfants à l’école. L’éducation est toujours un choix politique, ce n’est jamais un choix neutre. Rien n’est laissé au hasard dans les curriculums rédigés par les bureaucrates des divers ministères de l’éducation. La décision d’envoyer un enfant à l’école publique, privée ou à la maison est une décision qui porte sur ce que nous voulons que notre enfant apprenne, comment, et par qui. Le système scolaire est imbibé d’idéologie. Le testing provincial, l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation, la formule de financement qui favorise le rendement académique sont des décisions idéologiques. La maternelle à temps plein en Ontario est une décision idéologique. Le cours obligatoire d’éthique et religion, la garderie à 5$ au Québec, sont des décisions idéologiques. De nombreux proverbes et dictons comparent l’éducation à l’agriculture et la croissance d’un enfant à la maturation d’un fruit ou d’une semence. L’État à une idée du fruit qu’il veut cultiver et jardine en conséquence. La Corée du Nord et l’Arabie Saoudite et la Chine interdisent l’éducation à domicile, à l’instar de l’Allemagne Nazie. Les dictatures comprennent bien le lien entre l’éducation que reçoivent les enfants et le produit final. Vous pouvez faire confiance à un tyran pour démontrer l’importance d’imposer l’ordre du jour tôt et de le répéter souvent. Au Canada, toutes les provinces reconnaissent l’éducation à domicile comme un choix éducatif valide. Permettre ou interdire l’éducation à domicile est un choix politique. L’éducation est toujours politique, que vous le vouliez ou non.

Un beau sourirre
Un beau sourire

Les décisions politiques relatives à l’éducation ont des ramifications jusque dans l’enseignement lui-même. Ma sœur, qui s’inquiétait des styles d’apprentissage et d’enseignement, ne réalise pas que les budgets et les curriculums scolaires sont tellement ficelés serrés que même les professeurs qui voudraient enseigner en fonction de la variété de styles d’apprentissage qu’ils retrouvent dans leur salle de classe en sont rarement capables. En 14 ans de scolarité avec 6 enfants à l’école, je n’ai jamais, jamais, eu de discussions avec un professeur sur le style d’apprentissage de mes enfants. Moi-même, produit du système scolaire, me suis crue d’intelligence limitée jusqu’à ce que je commence à lire sur les styles d’apprentissage dans le cadre de ma préparation à l’enseignement à domicile. J’ai un enfant qui a donné du fil à retordre à ses professeurs et qui a fini par couler en math et en sciences malgré une intelligence vive. Nous en avons entendu de toutes les couleurs : il veut de l’attention, il manque de discipline, il est paresseux, il est baveux, il se pense meilleur que tout le monde. Il a croisé une vingtaine d’enseignants au cours de son passage à l’école, d’excellents et de moins bons. Ai-je une seule fois entendu parler de son style d’apprentissage? Non. La première personne qui a mentionné son style d’apprentissage était la tutrice de mathématique que nous avons engagée pour l’aider à passer son cours d’algèbre. Et une tutrice, je peux encore en engager une, même de la maison. Je connais mieux le style d’apprentissage de mon enfant que les professeurs qui n’ont vu qu’un adolescent baveux qui se pensait au-dessus de tout le monde.

Sortie éducative. Deux fois le même mois!
Sortie éducative. Deux fois le même mois!

Tout comme le gouvernement, j’ai pris une décision de principe sur l’éducation que je voulais que mes enfants reçoivent. J’ai pris la décision de mettre la famille au centre de la scolarisation de mes enfants plutôt que sur la bande. J’ai décidé de socialiser mes enfants à partir de leur famille plutôt que de l’environnement scolaire. J’ai décidé que l’homogénéité sociale poursuivie par le système scolaire ne servait pas mes enfants aussi bien que l’éducation variée et ouverte que je pouvais leur fournir à la maison. Il suffit que je regarde autour de moi, que je lise les nouvelles, pour voir que la société est malade. Intimidation de l’élémentaire au milieu du travail, consumérisme débridé, individualisme sans bornes, nombrilisme maladif, tous des maux sociaux enracinés profondément autour de nous et qui apparaissent très tôt à l’école. Ce n’est pas l’école qui créé ces cancers sociaux, mais l’organisation de la journée et de la salle de classe laisse les enfants se superviser entre eux sous l’ombrelle souvent distraite d’un professeur compétent mais complètement débordé. La maturation et l’individualisation des enfants est menée par un groupe de pairs tout aussi immatures plutôt que par un adulte compétent. À la maison, même avec 9 enfants, mon ratio adulte : enfant est plus avantageux que celui d’une salle de classe primaire. Alors quand on me demande « Et la socialisation dans tout ça? » je réponds que je désire moins de socialisation par les pairs et plus de socialisation par les parents, la famille, les vrais amis et les adultes proches. C’est vrai que mes enfants ne voient pas 150 autres enfants par jour. Mais la qualité de leur socialisation est infiniment meilleure. Qualité versus quantité. C’est mon projet.

Cette semaine, Opéra Lyra à Ottawa a donné deux représentations de la Flûte Enchantée pour les enfants et adolescents éduqués à domicile. Le mouvement d’école à la maison grandi et prend de l’ampleur à chaque année. Alors que j’attendais en ligne pour entrer dans l’auditorium, je regardais autour de moi, pensant à cette publication. Les parents étaient de toutes les couleurs et de tous les milieux. J’y reconnaissais des parents de tout credo, jeunes et moins jeunes. Les enfants se réjouissaient de revoir de vieux amis, il régnait une atmosphère pétillante et joyeuse. Certains enfants et adolescents étaient venus déguisés en personnages de la flûte enchantée, certains avaient fait leur costume eux-mêmes. Plusieurs familles avaient profité de l’occasion pour piqueniquer aux abords de la rivière qui bordait la salle de spectacle. C’est alors que j’ai réalisé à quel point la communauté de l’école à la maison était variée et accueillante. Parmi les parents, enfants et amis autour de moi, le seul point commun était l’école à la maison. L’école de quartier rassemble les gens d’une même aire géographique. L’école privée rassemble les gens d’une même aire socioéconomique. Les raisons de faire l’école à la maison sont aussi variées que les familles elles-mêmes.

J’ai pris une décision contre-culturelle lorsque j’ai décidé d’avoir une famille nombreuse et de renoncer à ma carrière juridique. Notre décision de faire l’école à la maison est une extension naturelle de cette décision. Nous ne sommes pas soudainement devenus normaux parce que nos enfants sont d’âge scolaire.

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So you want to pull your kids out of school


Our decision to homeschool coincided with the introduction of full-day kindergarten in Ontario’s public schools. I am not familiar with the details of the recent changes occurring in Ontario kindergarten classrooms but parents are telling me that the increase in school population brought-on by full day kindergarten has bumped-up class sizes across the board as other classes are combined to make room for the additional kindergarten classes. A field of portables – complete with graffiti – sprouted beside a shiny new neighbourhood’s public school (begging the question “how did you not see this coming and couldn’t you have built the school the right size in the first place?”) and a large extension to another new school was built in the schoolyard. In the land of “play-based learning” space to run around doing nothing is at a premium.

From full day kindergarten, to poor academic placement, to special needs, parents express a growing concern that while the school system is staffed by dedicated teachers and well-meaning principals, it is not serving the needs of their individual children very well. And so they ask about homeschooling. A lot.

A friend recently inquired about homeschooling and my reply inspired this blog post. Her question was not so much “why homeschool?” or even “how to homeschool?” but “what can I expect after pulling children out of school?” and “How will I stay sane?”

The sanity question is very much undetermined at this point. Homeschooling is hard and we are still negotiating the learning curve. My days are long and the nights are short. I remain sane by remembering why we are doing this. Thankfully, having five children older than the four youngest gives me perspective on how quickly this season will pass. I keep simple goals in mind on an hourly basis (don’t get angry, don’t yell, breathe) and the big picture in sight whenever I feel like quitting.

At this point in our homeschool journey – we started 2 months ago with 3 school-age children and will be adding a fourth in January – we are mostly learning to learn in different ways. The Internet calls it “deschooling” but I prefer using “deprogramming” to describe the process of bringing children home. We often assume (at least I did) that homeschooling is “doing school at home” – and for some that’s exactly what it is – but in reality, homeschooling is a paradigm shift. You will notice this paradigm shift in the comments you receive from people who do not support homeschooling: you can’t teach unless you are a teacher, you need to isolate children from their home environment for learning to occur, you need a lot of material support, you need a curriculum telling you exactly what needs to be learned when, you need a large group of same-age peers for socialization to happen. We are conditioned from a very young age to believe that schooling happens in a box. The physical act of removing the children from the box does not necessary change our thinking. There is a lot to learn in homeschooling and curriculum is only part of it. Here are a few unwritten lessons from my first two months of homeschooling after 14 years of school:

1. You will need to teach your children to trust you as a teacher. I had an interesting exchange with one of my daughters during the summer prior to the start of our homeschooling journey. We were talking about menstrual cycles – well, I was doing the talking — and I said: “When your periods start, they may not be regular for a while. You may skip weeks or even months.” And she looked at me with the kind of look you would give a lost puppy and said “I know mom, I’ve been to health class.” And this sums it up: your children, after years of conventional schooling, may love you and even respect you but their learning has been compartmentalized between the “home stuff” and the “school stuff”. You don’t understand their “new math” and “modern grammar”, you are no longer welcome to help in the classroom and your children don’t expect you to know jack squat. Don’t expect to jump into pre-algebra and traditional logic and think that your children will suddenly trust your superior brain. As far as they’re concerned, this homeschooling thing might just be another one of your “phases”, like that vegetarian kick of 2002. By the way, your mom and their teachers think the same way.

2. You will have to learn to learn at home. After years in school, your children are used to learning at school and flopping at home. The proximity to the kitchen, the toy room and the TV/computer can challenge academic work. I spent the entire month of September guarding the fridge. I’m not sure how they coped with fixed snack-times in school when I see how much fuel they need to keep their concentration.

3. You will learn to smooth the kinks in your relationship and discipline before learning can occur. Regardless of how good your relationship is, you can only teach so much if you don’t get along well with your children. And I mean this in the most loving way possible: we all love our children on the inside but the day-to-day grind often gets in the way of a cordial rapport on the outside. Parents of teenagers and toddlers, you know what I mean. To homeschool, you need to get along with your children on the inside AND the outside. It doesn’t mean that they become compliant little Stepford Kids but you need a basis of genuine compliance to move ahead with homeschooling. Learning to obtain compliance from your children without damaging your relationship – yelling, nagging or generally getting fed-up – may take weeks or even months but it needs to be done first. If you can’t get your children to clean-up their rooms without a fight, you have a taste of what homeschooling will look like day after day, hour after hour, until you quit in despair. Character before curriculum. I repeat this to myself about 2000 times a week.

4. Your children will have to learn to live with each other in close quarters. Your children may get along well at home or they may fight like cats and dogs, either way they will learn to work and live with each other. At school, they have been socialized to play strictly with children their own age. They have also been socialized into “girl play” and “boy play”. Boys and girls who play well together are often told they are in love with each other. Boys who enjoy “girl play” are often told they are gay. We all have stories of children who play well all summer with a younger neighbour only to royally ignore their best friend on school ground. We all have stories of older siblings who will not be seen with their younger siblings at school or on the school bus. Your children need to unlearn all this wonderful socialization to get along well in the context of the homeschool, especially if they are boys and girls. It may sound far-fetched but for our first month of home schooling, my biggest obstacle to teaching was the constant fighting between my 5 year-old and my 8 year-old. And I have 3 year-old twins and an infant, it says a lot.

5. You will learn to walk in confidence to the beat of your own drum. You will face opposition, criticism and soul-crushing doubt. The biggest failure predictor for homeschooling families (other than obvious challenges such as income loss, death and mental illness) is lack of confidence. If you doubt your ability to homeschool, there are good chances that you will prove yourself right. A few days ago, I heard a beloved family member explain to me how she didn’t think I could raise forward-thinking, engaging and open-minded teenagers in the context of the homeschool. A friend later suggested that she doubted my ability to teach advanced academics on the topics I did not master myself. Both are valid concerns coming from people I respect and care about, even though they show a lack of research on the ins and outs of homeschooling. I went to bed reeling, first thinking I would ruin my children forever, and then thinking I would prove everybody wrong. I got up this morning with a bone to pick and lined-up my little circus monkeys for a full day of academics. By lunchtime, I had to bitch-slap myself a few times to regain focus: I am not training circus monkeys, I am raising people. I will prove everybody wrong, all in good time. The proof will be in the fruit but I have to let the fruit ripen. Whenever I feel like I need to prove something to someone, I repeat to myself “Let the fruit ripen.”

Homeschooling is a journey of discovery, about yourself, about your children, and about the world around you. Whenever I feel wobbly and unsure, I remind myself that I am only taking my first steps. We will learn, we will grow and we will become stronger.

Whine and cheese


 

This post started as a description of a bad day. We all have them, don’t we? No matter how heavy or light our burden, some days (weeks, months) just won’t end. Or so it seems. The whine was spurred by a somewhat critical “You make everything look easy” from a friend. This shook me a little because if anything looks easy I can assure you that it’s all fluff and no substance. Anybody who sees me in real life – as opposed to social media – knows that whatever it is I’m doing, I’m (a) fumbling all the way; and (b) not doing it all that well. Every. Single. Day. I recently posted late birthday wishes to my father on Facebook, hoping that a public self-shaming would make-up for my poor daughterly behaviour, adding:

“Next time any of you wonders how Véro does it, remember that I don’t.”

That’s it in a nutshell. For every finite “thing” I do, there’s an equal amount of something else that doesn’t happen. My days, like yours, have 24h. If you look at what I don’t do, you will notice that the list of what I get done pales in comparison. That’s why I find it very irritating when people bow before me, which happens about 10 times a day when I am out and about with my family. Yes, you read that well, people bow before me. They actually, physically, bow before me. You can’t imagine how uncomfortable being worshiped can make you feel when you are not — you know — God.

Not only am I not God, I’m a wretched sinner. I order my life in concentric circles, building priorities from the centre and adding larger circles as I master the smaller ones. The smaller circles are my husband and children, my home life, around that core is my family, parents, siblings, in-laws; around the family circle are friends and close ones, this circle extends into my community. The largest circle would be those in need of my time and talent but who are not directly linked to me by the bonds of family, friendship or community. My faith radiates through from the core, informing how I (try to) relate to myself and others.

On a good day, I might make it to circle number 2. Everything else – friends, community, service – falls by the wayside. My every hour is consumed by caring for my basic needs and raising my children in a cheerful, peaceful and stable home where they can grow happy and healthy. Putting good food on the table, having clean clothes, a happy face and a listening ear takes-up my entire day. I am horrible at keeping in touch with my parents and siblings. I never remember anyone’s birthday, and when I do I don’t do anything about it. I’m a write-off when it comes to social graces like thank you notes. I have very few real friends left, and those who stick by me have precious little needs. I am not involved in my community; our family gives money to a few good causes because we can’t find the time to help out in a more meaningful way. If you are impressed because I manage to keep 9 children fed, dressed and somewhat educated assuming that I am also doing what normally productive members of the society do on the side, be informed that there is no side here: it’s all inner circle with a smattering of social media. In a nutshell it takes me 24h a day to be a decent wife and mother. That’s nothing to bow to.

Unlike some of my friends with larger-than-average families, I don’t have children with special needs. I don’t even have children with learning difficulties. In fact, all my children are above average students. They are physically, mentally and emotionally sound. My parents, my in-laws and my siblings are all in good health and economically wealthy enough to cover their needs as they age. There is no strife on either side of our extended family. There are no obvious mental health or substance abuse problems in our immediate family. We have been undeservedly spared by grief and loss. I should be able to do more with my 24h but for the limitations of my own person, my intelligence, my heart and my body. I am raising children whom I hope will be positive contributors to society, competent men and women committed to live by principles of integrity. I hope to look happy and peaceful doing it because the least I can do for the world from the confines of my kitchen – where I spend most of my life cooking, cleaning and homeschooling – is to give my children an example of self-giving that makes them want to choose others before themselves as they grow-up. Some days I fail miserably and that’s why I am still stuck in the innermost circles, trying to be a good mother, daughter, wife and sister before I move outward and onward.

Next time you are tempted to feel inadequate or bow before me or anyone else, remember that people like me need people with less stringent family obligations to make the world go round. Because I sure ain’t doin’ it. I need people like you to volunteer on school trips with my children, participate in bake sales, sit on board of directors, work as doctors, nurses and midwives, teachers, managers and creators. If you are dealing with loss, grief, illness, special needs or below average intelligence, you are already doing more than I am with my 9 healthy and bright children. So don’t bow. Don’t feel inadequate. Just go out and do your thing. From talking with you, I know that the more you already do, the more likely you are to feel like you’re not doing enough. Fill your 24h with purpose and hold you head up high.

Now go.