Joyeux Noël!


Cette année pour les vacances de Noël, nous avons créé une patinoire sur l’étang derrière notre maison. Malgré le froid extrême, les enfants sortent patiner au moins deux fois par jour. Nous avons passé un Noël tout simple en famille. Alors que passent à la télé les annonces pour le cadeau parfait — une voiture, un cinéma maison, un voyage — nous retournons à la source avec des étrennes simples, des repas succulents et de quoi bâtir un héritage de bons souvenirs. Nous passons un bien joyeux Noël et nous vous souhaitons la même joie au cours de toute l’année.

Par une belle journée d’automne à la plage… Un aéroglisseur!


Après un mois de septembre un peu frisquet, l’automne est venu cogner à notre porte y apportant les derniers jours de l’été qui nous avaient tant manqués. Les arbres passent du vert au rouge orangé et le contraste entre le bleu du ciel et les couleurs éclatantes de l’automne est spectaculaire. Pouvoir l’apprécier sans se geler les doigts est un de ces petits luxes que nous offre la nature lorsqu’elle se sent généreuse.

À la plage en octobre, le bord de l’eau nous appartient. Nous aimons nous y réunir pour jouer dans le sable sans la foule. Aujourd,Hui, nous y avons vu un spectacle inhabituel: un aéroglisseur de la garde côtière. Que faisait-il là? Aucune idée! Mais quel spectacle de le voir traverser la rivière et venir s’échouer (se stationner?) à la plage!

Si vous cliquez sur la première photo, vous pourrez toutes les voir en album photo.

Un été bien rempli…


La vie, la vie! L’été se termine lentement et nous nous apprêtons à célébrer le deuxième anniversaire des jumeaux. Et oui! 2 ans! Et nous faisons finalement nos nuits en passant!

J’ai quitté mon emploi à la Chambre des Communes et je me dirige vers de nouvelles aventures. Je travaille désormais de la maison pendant la sieste. Fini les embouteillages et les soupers mal planifiés.

Les enfants sont de retour à l’école après un été tranquille. Je vais reprendre du collier et recommencer à écrire, c’est promis… En attendant, voici quelques photos d’un bel été bien rempli.

“Qu’est-ce que vous faites avec tous ces enfants?”


À mes parents qui viennent de célébrer leur 41ième anniversaire de mariage et qui m’ont donné le plus beau cadeau, la vie. C’est avec leur exemple d’une vie simple et heureuse, dédiée à leur famille et à leurs amis, que je poursuis mon chemin. Leur amour me soutient.

“Qu’est-ce que vous faites avec tous ces enfants?”

Oui, quelqu’un m’a posé cette question récemment. Un peu comme si je collectionnais les salières, avec le même mélange de curiosité un peu condescendante. Que voulez-vous dire « qu’est-ce que je fais »? Tout le monde sait que je les envoie aux champs tous les matins!

Qu’est-ce que vous faites? Comment vous faites? C’est l’interminable ronde des questions à laquelle font face les parents de famille nombreuse. Comment vous cuisinez pour une famille nombreuse? Comment vous faites le lavage pour une famille nombreuse? Comme si le four et la machine à laver fonctionnaient différemment pour 10 que pour 4. Je cuisine comme tout le monde, mais avec plus d’ingrédients.

Je me souviens du temps pas si lointain lorsque que je regardais les familles nombreuses avec une curiosité empreinte d’admiration. J’ai rencontré une mère de 6 enfants (qui en a maintenant 10) lorsque j’avais 2 enfants. Je lui ai posé la question que tout le monde pose aux mères de plusieurs : « Allez-vous en avoir d’autres? » Elle m’a répondu avec grâce et générosité – car je sais aujourd’hui à quel point cette question peut être irritante – « Oh oui!! Certainement! » J’étais à la fois impressionnée et intimidée. Je me rappelle sa patience lorsque les questions indiscrètes me tombent sur les nerfs : je ne saurais jamais si mes réponses auront encouragé une maman à faire confiance à la vie et à poursuivre le chemin de la grosse famille dans un monde fait pour 4. J’espère qu’un jour quelqu’un verra ma famille et se dira « Oui, moi aussi je peux! » Mais je sais qu’au jour le jour, les gens me regardent et se disent « Mieux vaut-elle que moi! »

Si j’avais le temps, je voudrais pouvoir m’asseoir avec les curieux autour d’un bon café et leur expliquer. J’aimerais leur dire que « tous ces enfants » sont aussi des individus. Lorsque nous décidons d’avoir « encore un enfant », ce que nous décidons c’est d’accueillir une nouvelle personne au sein de notre famille. Nous n’avons pas des enfants pour les 2 années où ils seront « bébés », ni pour les 10 années où ils seront « enfants », ni même pour les 20 années où ils seront « jeunes »; car ces chiffres ne sont que la représentation du passage du temps. Nous les accueillons dans notre vie pour eux-mêmes, enfants, adultes, tantes et oncles, cousins et amis. Non seulement pour les enfants qu’ils seront si brièvement mais pour les adultes qu’ils deviendront. Pour les aimer et être aimé en retour.

Élever des enfants est un travail difficile, sans répit. Et lorsque les gens nous demandent si nous allons en « avoir » d’autres avec le ton de voix qui demande si nous allons avoir une deuxième voiture ou un autre clou dans le front, ils trahissent leurs propres doutes et leur horizon limité. Je vais avoir une pédicure, merci beaucoup. Mais pour ce qui est des enfants, je ne les ai pas, je les donne. Je leur donne la vie, je les donne à moi-même d’abord puis les uns aux autres comme frères et sœurs, puis je les donne à leurs futurs époux et à leurs enfants. Je les donne à leur patrie, à leur environnement, à leur travail et à leur communauté. Et je sais qu’ils reviendront m’entourer un jour, plus nombreux et plus forts, compagnons et solidaires.

Notre vie sera une longue, merveilleuse, aventure.

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Histoire d’une naissance bien ordinaire: Bébé#1


Cette année, j’ai pris la résolution d’écrire l’histoire de la naissance de chacun de mes enfants. J’ai d’abord pensé le faire graduellement à l’occasion de leur anniversaire mais 4 anniversaires sont déjà passés sans que les histoires n’aient été écrites.

Certaines de ces histoires sont fragmentées par l’effet du temps mais j’ai encore des images et des sensations vives logées dans ma mémoire.  Je ne saurais jamais si ces récollections sont fidèles mais elles représentent les hauts-faits de ces journées mémorables et uniques qui ont forgé, sculpté et raffiné qui je suis, la personne que je suis devenue.

Ma plus vieille. Si vous la connaissez, vous savez son nom. Si vous ne la connaissez pas, elle a un nom à la fois fort et déterminé mais empreint d’un certain romantisme et d’une beauté poétique, à son image. Son nom lui va bien.

Ma grossesse  avait été stressante. Première grossesse, une surprise. J’étais âgée de 21 ans et je venais de finir ma première année de droit avec grand succès. J’ai commencé très tôt à souffrir de nausées extrêmes et dans mon enthousiasme naïf, ai préféré ne pas prendre de médicaments pour les contrôler.

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Une bien bonne année!


Notre famille commence toujours l’année du bon pieds avec un anniversaire. C’est notre bébé numéro 4 qui prend de l’âge avec la nouvelle année.

ImageCette année, notre grande fille a du faire preuve de maturité. Nous avions une bien belle fête de préparée pour elle, avec une visite chez grand-maman (avec qui elle partage son anniversaire) la veille, une fête d’anniversaire avec son parrain, sa marraine et leur 5 enfants le jour de l’an et la visite de trois amies pour trois jours le lendemain. Puis trois jours après Noël, elle a été la première victime d’une grippe qui s’est rapidement propagée à travers la famille. La veille du jour de l’an, nous étions 7 malades à la maison, y compris la fêtée.

Sa sœur la plus proche, qui a miraculeusement échappé à l’épidémie, s’est mise à la cuisine. Puisque les parents ne pouvaient pas aller acheter le traditionnel gâteau à la crème glacée, elle allait en faire un elle-même. Elle a aussi tenté de préparer une fête du nouvel an pour les réchappés (dans sa chambre) mais c’était une fête bien solitaire: à 10:30, le dernier des moins malades se couchait pour la nuit. Image

Avec papa, ils ont quand même pris le temps de décorer sa chaise et d’emballer son cadeau. Et c’est ainsi qu’elle s’est réveillée un peu moins mal en point avec une célébration réduite mais tout aussi joyeuse. Image

 

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Je crois qu’elle aime son cadeau…
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Elles ont reçu des billets pour un concert de leur artiste préférée.

 

 

 

La vie comme une rivière, la suite.


Suite à ma dernière publication en français «La vie comme une rivière » j’ai reçu quelques commentaires questionnant le message sous-jacent à mon texte. Certains m’ont demandé si l’adoption d’enfants à besoin spéciaux était le seul moyen « de se prouver. » D’autres ont observé que tout le monde n’est pas appelé à faire de grandes choses, que certains ne sont appelés qu’à bien mener une vie ordinaire.

C’est vrai. Nous ne sommes pas tous appelés à la même chose. Nous ne suivons pas tous le même chemin. Mais peut-être sommes tous appelés à quelque chose de plus grand que nous-mêmes? Ce n’est pas le point de départ ou d’arrivée qui importe mais le dépassement de soi. Combien de briques sont nécessaires pour former la base solide de la pyramide? Sans une base bien étayée, la pointe de la pyramide ne vaut pas grand-chose. Et c’est ainsi que ceux qui semblent nous dépasser ont eux aussi besoin du support d’une base solide. L’important, c’est d’être prêt à servir. Je me suis beaucoup questionné sur l’adoption : nous avons tellement à offrir. Pour l’instant, j’ai réalisé avec grande clarté que j’étais appelée à un rôle de support. Le support matériel et spirituel est une brique tout aussi importante de cette démarche. J’ai trouvé beaucoup de paix intérieure lorsque j’ai compris que plutôt que de me sentir inutile parce que je n’avais pas la même vocation , je pouvais transformer cette bonne volonté en prière et demander d’être prête à sauter dans la mêlée. Puis de faire confiance.

C’est ainsi qu’a commencé une belle histoire d’entraide et de support, tout tranquillement alors que je revenais de visiter mon amie qui vient d’adopter et qui se poursuit aujourd’hui.

Lorsque les jumeaux sont nés, j’ai commencé à m’intéresser au portage. J’avais besoin de mes mains et j’avais trois enfants qui avaient besoin de mon attention. J’ai découvert que le portage, c’était bien plus que de récupérer ses mains! Prendre les petits sur moi me permets non seulement de continuer à m’occuper des autres mais aussi de répondre à leur besoin de contact et d’attention. 15 minutes sur le dos de maman et j’ai des petits ressourcés, comme neufs. Bref, au cours de mon congé de maternité, j’ai découvert une communauté de portage, j’ai commencé à utiliser des écharpes et des porte-bébés préformés. Puis comme je porte beaucoup, j’ai commencé à accueillir des mamans chez moi et à me déplacer pour aider les mamans à apprendre l’art du portage.

Lorsque j’ai visité mon amie qui vient d’adopter, j’ai passé la journée avec son petit bonhomme de 2 ans et je l’ai porté dans le sling pour une bonne partie de l’après-midi. IMG_1898C’est fou comment le portage peut jeter des ponts et rendre une situation non familière normale pour un enfant. Puis j’ai porté une de ses jumelles dans mon préformé Manduca et j’ai tout de suite vu que ce serait la solution idéale pour que maman retrouve ses mains. La poche en tissus intérieur permet de bien placer bébé, sans la forcer dans une position non-physiologique (elles ont quand même 18 mois les puces, malgré leur taille de nouveau-né). Le préformé évitait la courbe d’apprentissage de l’écharpe pour laquelle maman n’a ni le temps ni l’inclination et le Manduca a la versatilité d’être utilisé pour son bonhomme de 2 ans qui, en surcroît d’avoir encore bien besoin de sa maman, doit la suivre à l’hôpital et en clinique, autant d’endroits où il ne pourra pas toujours toucher à tout et se promener librement. Avec mes trois de moins de 3 ans depuis l’année dernière, c’est porte ou crève; et mes circonstances ne sont même pas dans la même galaxie de difficulté!

Avant ma visite, j’avais pensé offrir une de mes écharpes à mon amie en cadeau de bienvenue. Je suis un fan fini de mes écharpes de portage. Mais j’ai bien vu que ce ne serait pas approprié pour une maman qui n’a ni le temps ni l’inclination de battre la courbe d’apprentissage de l’écharpe, d’autant plus que la pratique se ferait plus souvent qu’autrement dans le stationnement de l’hôpital l’hiver ou sur des planchers durs à l’intérieur de l’hôpital.

Même les grands enfants aiment le portage!
Même les grands enfants aiment le portage!

Au retour de ma visite, j’ai décidé de vendre deux écharpes de portage et deux slings afin de financer l’achat de deux porte-bébés Manduca. Le total se portait à $370 avant les taxes. J’ai donc annoncé mes écharpes à vendre auprès de mes amies du groupe de portage d’Ottawa sur Facebook. J’ai écrit un court texte sur le Manduca et le portage « à besoins spéciaux » et j’ai expliqué pourquoi je vendais mes deux écharpes. Moins de 20 minutes plus tard, j’avais reçu plusieurs messages me demandant si je prenais les dons : plusieurs mamans voulaient contribuer mais n’avaient pas besoin d’une nouvelle écharpe. Puis une amie m’a dit « Il y a 300 mamans dans le groupe de portage, si 25 mamans donnent $15, tu as tes deux porte-bébés. » J’ai donc annoncé que mon compte PayPal avait été remis à zéro et que celles qui aimeraient contribuer pouvaient le faire via PayPal. La vente de mes écharpes se ferait via PayPal de toute façon. Puis je suis allée me coucher.

Quand je me suis levée le lendemain matin, j’avais reçu presque $200 de dons et mes deux écharpes étaient vendues. J’avais presque $400 en main. Je me sentais presque mal-à-l’aise. Je n’avais même pas eu le temps d’en parler à mon amie et j’avais un peu peur qu’elle refuse, se sentant peut-être l’objet de charité ou de pitié. Mais cette réponse enthousiaste de ma communauté de « mère-porteuses » n’était pas motivée par la pitié mais plutôt par un sens d’entraide. Ces mamans avaient lu l’histoire de mon amie sur son blogue et avaient été profondément touchées par cette adoption un peu folle par son altruisme. Tout comme moi, elles étaient portées par un désir né du cœur de faire partie de cette belle histoire. Nous ne sommes pas toutes appelées à l’adoption d’enfants dans le besoin, mais nous pouvons toutes offrir notre support, nos prières et nos pensées à ceux qui le sont.

Lorsque les porte-bébés ont été achetés, il me restait encore de l’argent. J’ai d’abord pensé leur offrir une carte-cadeau chez Costco ou Walmart mais j’ai réalisé, lorsque les jumelles ont été réadmises pour leur deuxième séjour à l’hôpital en autant de semaines, que mes amis n’avaient pas besoin d’épicerie mais de repas. Ils ont besoin de temps plus que d’argent. J’ai donc organisé un bon vieux « party » de cuisine. Nous avons planifié un menu de repas congelés que nous allons préparer « à l’ancienne » c’est-à-dire en communauté, avec des mamans qui cuisinent, d’autres qui s’occupent des bébés, d’autres qui lavent la vaisselle. En quelques heures, nous devrions avoir une dizaine de repas près à congeler, des enfants fatigués et une bonne rasade de jasette et de compagnie.

J’ai beaucoup appris cette semaine. Sur moi-même, sur la valeur de la communauté, sur l’amitié. Et si j’ai ressenti un peu de gêne au départ en acceptant de laisser mes amies contribuer à ce cadeau, j’ai réalisé que le don n’est pas seulement ce qui est reçu. En donnant à d’autres l’occasion d’agir généreusement, nous devenons tous plus forts.

La vie comme une rivière


Vous êtes-vous déjà trouvé là, métaphoriquement debout au milieu de votre vie, à regarder tout autour et vous demander où vous vous en allez? À quoi se résume la somme de vos priorités, de vos choix,  où mène le chemin que vous avez créé par la force de vos décisions successives, comme l’eau courante qui creuse une rivière?

Plus la rivière est profonde, plus le courant est fort. Et plus difficile d’en sortir. Vous est-il déjà arrivé de vous croire destiné à de plus grandes choses? Puis de réaliser qu’à votre âge et compte tenu de vos habiletés, vous étiez sans doute arrivé au paroxysme de votre grandeur? Avez-vous trouvé votre appel, votre vocation? Je me pose souvent la question.

J’ai eu le loisir de me pencher sur le but de ma vie récemment alors qu’une amie proche et son mari sont allés au Viêt-Nam pour y adopter deux jumelles. Dans un acte de confiance aveugle en la vie, ils sont allés chercher ces deux petites filles qui avaient un besoin criant de soins médicaux, d’amour et d’une famille où s’enraciner. Cette famille hors du commun en est à sa deuxième adoption d’enfants présumés « à besoin spéciaux » que d’autres familles ont refusés, leur troisième adoption. Au cours du voyage, mon amie a écrit deux choses – sur son blogue ou Facebook – qui m’ont marquées. Le jour du départ (citation approximative, traduite de l’anglais) : « Je suis mon chemin, celui que la vie a mis devant moi. » Puis après avoir reçu ses filles : « Maintenant je sais pourquoi nous nageons à contre-courant depuis si longtemps. Tout nous préparait à accueillir et aimer ces trésors de la vie. »

Lorsqu’un proche pose un acte d’une telle grandeur, il est inévitable de se mettre en perspective. On voit nos peurs, nos doutes et nos limites avec une grande clarté. On se demande ce qui nous différencie de ceux qui agissent avec grandeur d’âme, générosité et courage. Car s’il est facile de se rassurer en se faisant croire qu’il s’agit d’êtres surhumains lorsqu’on les voit en reportage dans les média, c’est impossible lorsqu’il s’agit d’amis que l’on sait normaux, avec leurs doutes, leurs peurs et leurs limites.

Je me suis demandé quelle était la différence essentielle entre ceux qui accueillent la différence à bras ouverts et ceux qui la rejette. De nos jours, la science du dépistage prénatal nous permet de croire que nous pouvons choisir les défis que nous décidons de relever.

Car il s’agit de quelque chose de plus profond que le désir ou le désaveu de la différence. Les handicaps ou les besoins spéciaux ne sont pas qu’une différence pour les familles affectées : c’est l’engagement d’une vie et le renoncement à un parcours ordinaire. Et même si le bonheur se trouve au détour d’un parcours hors de l’ordinaire, nous semblons plus aptes à faire notre deuil du bonheur que de l’ordinaire. L’humain dépense plus d’énergie à éviter la douleur qu’à rechercher le plaisir, c’est un fait.

    

Alors qu’est-ce qui fait la différence entre ceux qui acceptent le défi, embrassent la croissance qui vient du dépassement de soi et ceux qui ont souvent tout à offrir mais le gardent pour eux? Je laisse la réflexion à des cerveaux mieux aguerris. Mais pour ma part, je sais dans quel camp j’aimerais me trouver si un jour la vie me fait appel. Et si j’ai appris une leçon de l’expérience de mon amie, c’est que nos décisions de tous les jours nous préparent à l’appel de la vie et lui offre un terrain fertile ou une terre brûlée.

Je veux être prête.

Souper de semaine végétarien: Pâtes avec sauce aux pois chiches (humus)


Il y a quelques mois, j’ai commencé à faire la transition de notre famille vers un mode d’alimentation plus végétarien. La récente “crise du boeuf” causée par le rappel majeur de produits contaminés n’a fait que confirmer ma détermination. Notre système de production alimentaire n’est pas fiable. Ou du moins, je ne m’y fie pas. Et si les organismes comme e-coli existent dans toutes les viandes sur le marché, que ce soit local, organique ou nourri au filet mignon, je crois mettre toutes les chances du côté de ma famille en choisissant des producteurs qui vivent près de chez moi et qui élèvent leur bétail de manière à ne pas avoir recours à certaines pratiques qui favorisent la contamination. Cependant, afin de passer à une meilleure viande (lire plus dispendieuse) je dois réduire dramatiquement notre consommation.

Lorsque j’ai commencé à planifier des repas végétariens, j’ai trouvé très peu de recettes que je trouvais appropriées pour une famille nombreuse avec une maman qui travaille. Mes repas doivent être sinon congelables, au moins rapides à préparer. Et les gouts et saveurs doivent être solides mais conservateurs et pas trop épicés. J’ai trouvé que la plupart des repas végétariens étaient élaborés, demandaient des ingrédients dispendieux ou masquait une absence de gout et de texture par une abondance de piment. J’ai donc commencé à développer mes propres recettes.

La fin de semaine dernière, j’ai préparé une sauce pour pâtes  dont l’ingrédient principal était un contenant d’humus d’edamame. Utiliser de l’humus commercial est un peu plus dispendieux que le faire sois même (mais moins dispendieux qu’1 kg de viande…). Bref, la recette suivante peut être faite avec de l’humus maison ou encore avec une conserve de pois chiches passée au robot avec de l’huile d’olive pour en adoucir la texture.

J’utilise une boîte d’humus par boîte de pâtes. Pour ma famille de 10, 2 boîtes de pâtes et deux contenants d’humus nourri tout le monde avec des restes pour le lendemain.

Je commence par faire revenir un oignon haché (ou deux selon vos goûts) dans la poêle avec de l’huile d’olive. J’utilise un wok parce que je n’ai pas de poêle assez grande pour ma famille. Lorsque l’oignon a ramolli, j’ajoute deux gousses d’ail écrasées puis hachées. Vous saviez que pour libérer tout le potentiel de l’ail, la gousse doit être écrasée avant d’être hachée? J’ai cherché un lien informatif sans succès mais c’est vrai, je le sais. C’est pourquoi un bon presse-ail est une nécessité. J’utilise le côté de mon couteau pour écraser l’ail avant de le hacher mais c’est seulement parce que nettoyer le presse-ail m’emmerde. Oui, on est paresseuse comme ça ici.

Je coupe deux (ou trois) tomates en petits cubes et je les ajoute au wok. Vous décidez de la taille des cubes. Mes enfants ne mangent pas de gros morceaux de tomate, je les rends donc difficiles à enlever en les coupant petits. J’ajoute des fines herbes comme de l’origan, du basilic ou de la sauge. Vous pourriez ajouter des herbes fraiches ou encore un mélange d’épices de votre choix. Pour cette recette, j’ai également ajouté un zuchinni (une courgette).

Pendant ce temps, j’ai fait cuire mes pâtes dans l’eau salée. Comme pour la plupart des recettes de pâtes, vous garderez environ une tasse d’eau de cuisson pour aider à étendre la sauce. J’ai utilisé des spaghettis de blé entier pour cette recette mais les spaghettis sont difficiles à mélanger avec la sauce. Cette sauce se prête particulièrement bien au spaghetti  cependant. Peut-être que les linguini seraient plus faciles à manier?

Lorsque les tomates sont bien molles, je réduis le feu et je lance le contenu du contenant d’humus dans la poêle. Je mélange bien afin que la température de la sauce soit constante puis j’ajoute les pâtes. Un autre avantage de la cuisine végétarienne est de ne pas avoir à s’inquiéter de la température, de la cuisson et des méchantes bactéries.

Quand la sauce est prête, je mélange les pâtes dans la sauce (et non le contraire!) petit-à-petit en me servant de l’eau de cuisson des pâtes quand ça devient trop épais.

Je sers les pâtes avec des haricots frais cuits à la vapeur et les amateurs d’épice y ajoutent de la sauce piquante. Je crois que la sauce Tabasco est bien compatible avec les pois chiches. La harissa ne serait pas mal non plus. J’ai congelé un sac de pâtes à la sauce mais je crois qu’il aurait été plus efficace de congeler la sauce puis faire les pâtes fraîches. Essaie et erreur « all the way, baby! »

Bon appétit!

Par un beau dimanche matin à Valcartier


Notre aventure de camping était à peine commencée lorsque j’ai eu l’occasion de réfléchir à la proximité que l’on s’impose au nom de la paix et de la relaxation.

Mon mari a observé lors de notre arrivée à notre premier arrêt: “L’argent permet de mettre de la distance entre voisins.” C’est une observation apte. Si on part au bas d’une échelle de coût, du terrain de camping à l’hôtel 4 étoiles, la paix augmente avec la distance et le prix. Un pan de nylon et un cèdre chétif laisse très peu à l’imagination. Une caravane offre déjà un peu plus d’intimité.

Un terrain de camping utilitaire situé à côté d’un parc aquatique offre une option abordable aux familles à la recherche d’activités amusantes. Il ne s’agit pas de camping pour les amateurs de la nature. C’est plutôt un grand stationnement parsemé de conifères avec accès rapide aux jeux d’eaux. 95% des campeurs y sont comme nous avec de jeunes enfants, un chien et un grand sac de guimauves
à faire griller. Les ado se retrouvent à la boutique matin et soir pour profiter du wi-fi gratuit. La civilisation est proche et le camping facile.

Dimanche matin, j’ai rencontré malgré moi le 5% qui n’y était pas en famille. Je m’étais levé très tôt, vers 06:30, et j’avais amené les jumeaux en poussette vers le chalet central afin de vérifier mes emails et éviter de réveiller mes enfants et, admettons-le, les reste des campeurs.

C’est ainsi que je l’ai entendu arriver, un peu comme la sirène d’un véhicule d’urgence qu’on entend avant de vraiment savoir d’où elle vient. Il parlait à voix haute, de manière un peu démente. Il est arrivé au chalet central à bout de souffle, à moitié habillé, avec le regard enflammé. Il avait le visage rouge et dévisagé, tordu par la colère. Il maudissait le gouvernement, l’administration, les propriétaires du camping. Il ponctuait chaque invective d’un coup de poing bien senti, parfois en l’air, plusieurs fois dans les murs. Quelqu’un l’avait réveillé à 7:00 du matin. Il payait 100$ la nuit pour un site pourri et être réveillé à 7:00 du matin. Il était hors de lui.

Il est passé devant moi, assise sur un banc devant le chalet avec mes petits, sans me voir. Je suis restée figée sur place, espérant ne pas attirer son attention. Lorsqu’il est entré dans le chalet, je suis partie en jetant un regard au jeune employé de garde dans la guérite à l’entrée du camping, il parlait à sa radio, appelant des renforts. Je quittais le chalet au moment où une jeune dame arrivait de la même direction que l’enragé, suivie de deux agents de sécurité avec les oreilles encore humides. Ils ont réussi tant bien que mal à le calmer. La jeune dame pleurait, implorait, apaisait et cachait sa figure entre ses mains. Il l’engueulait, la bousculait et elle semblait plus embarrassée par l’éclat public que par la violence dont elle était victime. Était-elle une sœur? Une amie? Une amante? Peu importe: elle semblait habituée et j’ai espéré qu’elle était un membre de la famille en vacances avec son frère malade plutôt qu’une petite amie piégée dans une relation toxique.

La commotion a rapidement réveillé un autre campeur qui a cru bon venir mettre de l’huile sur le feu. L’enragé commençait à peine à souffler lorsqu’un campeur bien intentionné a cru approprié de le relancer: “Ostie d’malade, c’est quoi ton problème??! Moé aussi j’ai payé mon $100 pis c’est pas pour me faire réveiller à 7:00 par un criss de cave comme toé!” Et c’étais reparti. Quelque mètres plus loin, une fille essayait tant bien que mal de retenir son type qui voulait s’en mêler: “On a rien à voir là-dedans. Revient…Revient!!” Ça m’a fait penser aux émeutes de la coupe Stanley et comment les jeunes hommes ont besoin de se battre pour quelque chose afin de se sentir en vie. En l’absence de quelque chose d’important comme une famille, un pays ou un principe, ils se rabattent sur des conneries.

Lorsque tout est revenu au calme, je suis passée devant la tente du deuxième type. Je l’entendais raconter à sa blonde: “Pis là j’y ai dis ‘M’a t’ouvrir la face mon tabarnak…'” Je pouvais imaginer l’histoire de pêche et le poisson grandissant à chaque interprétation. Lorsque je suis retournée au chalet, deux autos de police arrivaient toutes sirènes dehors. Quelqu’un a du avoir un voyage de retour gratuit pour Québec. Et j’ai pensé à la jeune femme qui l’accompagnait. Était-ce la première fois? Est-ce que ce sera la dernière? Que racontera-t-elle à ses proches?

Le camping de convenance fait tomber les mûrs et nous met face-à-face avec notre nature humaine. Avec quelle rapidité le vernis de civilité qui recouvre nos interactions avec autrui disparaît-il! Une mauvaise nuit, un lit un peu trop dur, une bière de trop, et nous en arrivons rapidement aux coups. Ça m’a fait réfléchir à ma propre vulnérabilité et à mon inhabilité à défendre mes enfants physiquement s’ils étaient menacés. Ça m’a aussi fait réfléchir à mes enfants et aux adultes qu’ils deviendront. Seront-ils courageux face aux intempéries de la vie? Sauront-ils faire face aux désagréments avec contrôle de soi et force de caractère? Sauront-ils choisir et quitter leurs partenaires avec jugement? Sauront-ils se battre pour ce qui en vaut vraiment la peine? Beaucoup dépendra d’eux mais encore plus de moi.

Le camping fait tomber les mûrs et nous laisse à découvert.